Comment surmonter le blocage mental au tennis ? (Guide complet)

Le mental au tennis représente un aspect fondamental pour le compétiteur. Malheureusement, le joueur perd tous ses moyens le jour J et cela l’empêche de jouer relâché.

Découvrez dans cet article comment vous libérer d’un blocage mental au tennis pour arriver facilement à performer.

Blocage mental tennis

Définition du blocage mental

Un blocage mental dans le sport se réfère à un état psychologique où un athlète éprouve des difficultés à exécuter une action ou une performance spécifique, malgré sa capacité physique et technique.

Ce blocage peut affecter la performance globale de l’athlète et entraver ses capacités à atteindre son plein potentiel.

Comment identifier un blocage mental ?

Si en match à l’entraînement vous jouez libéré, arrivez à perfer, et que en match vous ne reproduisez pas cette performance, alors vous avez un réel blocage mental.

Les différents blocages mentaux au tennis

En compétition, vous pouvez faire face à plusieurs types de blocages différents :

Les causes d’un blocage mental

Toutes ces situations peuvent expliquer vos blocages mentaux.

  • Expériences passées négatives : vous avez déjà joués 4 fois contre des joueurs classés 15/5 et à chaque fois vous avez perdu. La 5 ème fois vous avez ancré dans votre cerveau la défaite à ce classement.

  • Manque de confiance en soi : vous avez perfé au maximum à 30/2. Vous jouez à 30 et partez déjà perdant à l’avance.

  • Pression liée à la performance : lorsque vous suivez l’évolution de votre classement, et que vous savez qu’il ne vous manque que juste une victoire à 15/3 pour monter à 15/4 et obtenir votre meilleur classement.

  • Peur de l’échec : si en vous projetant après la défaite vous vous visualisez dans un état plus négatif que positif, alors votre cerveau bloque automatiquement.

  • Attentes externes ou internes trop élevées : très classique pour les jeunes avec des parents qui ont énormément d’ambition ou alors en match d’équipe quand le point est décisif et que tous vos partenaires vous regardent.

  • Stress lié à la compétition : Lorsque vous vous précipitez pour regarder le tableau, ou que vous observez attentivement votre adversaire lorsqu’il arrive au club.

  • Pensées négatives ou autodestructrices : Votre discours interne est toujours le même « J’ai un mauvais revers » « Je vais craqué physiquement » « Je n’aime pas volleyer »…

  • Manque de préparation mentale : Vous ne vous êtes pas entraîné. Durant la semaine vous ne pensez aucunement à votre match de dimanche. Vous ne percevez aucun enjeu. Vous êtes complètement déconnecté et désintéressé. À la moindre difficulté rencontrée en match, vous allez abandonner.

  • Perfectionnisme excessif : Parfois vous vous mettez la pression vous-même. « Je ne dois pas faire de fautes ». « Je dois absolument retourner long ». « Attention aux doubles fautes ».

  • Problèmes personnels ou externes interférant avec la concentration : Dans certains cas votre situation extra sportive (licenciement en cours, divorce, perte d’un être proche) peut induire un blocage inéluctable.

Conséquences du blocage mental

Les conséquences des blocages mentaux peuvent être dévastatrices pour vous.

Cela compromet votre performance et votre bien-être général sur le court.

Vos blocages peuvent entraîner une baisse de confiance en vous, limitant ainsi votre capacité à exprimer votre plein potentiel.

Cela se traduit souvent par une diminution de la qualité du jeu, des performances en dents de scie et des difficultés à maintenir une concentration optimale tout au long du match.

Vos blocages mentaux peuvent engendrer un stress accru, une anxiété de performance et même des sentiments de frustration et de découragement.

Cela affecte négativement votre passion et votre plaisir pour le jeu.

Comment se libérer de ces blocages ?

Voici un plan d’actions par étapes pour jouer libéré en match et surmonter les blocages mentaux.

1. Identification des blocages mentaux :

  • Prenez le temps d’identifier les pensées et les émotions qui vous bloquent pendant un match. Soyez conscient des moments où vous ressentez de l’anxiété, du doute ou de la peur.

Bon à savoir
Pour reprérer les moments de stress accru, soyez attentif aux signes distinctifs :accélération du pouls, mains moites, gorge resserrée, jambes coupées… Puis identifier si les schémas sont réccurents (avant de servir une deuxième balle de service, en commençant le match, au filet au moment de smasher.

2. Analyse des causes :

  • Explorez les raisons sous-jacentes de ces blocages mentaux. Est-ce lié à un manque de confiance en soi, à la pression extérieure, à des expériences passées ou à d’autres facteurs ?

Astuce
Pour identifier la cause profonde du blocage, appliquez la règle des 5 pourquoi. Cela va vous permettre de sonder précisément ce qui vous empêche de vous libérer.

Exemple : Une année, alors classé 15/1, je m’entraînais avec un dénommé Christophe, classé 15/3. Et à l’entraînement, il y avait certains matchs durant lesquels il me battait sèchement 6/2 6/2. Un jour, à la fin de notre séance, il prononce cette phrase choc : « en match officiel, je n’ai jamais gagné à 15/1 ». En discutant, je me rends compte qu’il n’arrive pas à jouer relâché sur ce genre de match. Commence alors la règle des 5 pourquoi.

  1. Pourquoi es-tu crispé ? J’ai peur.
  2. Pourquoi as-tu peur ? Je perds à chaque fois mes moyens à 15/1.
  3. Pourquoi lors de ces matchs à 15/1 ? Je n’ai jamais gagné à 15/1. (Expériences passées négatives, manque de confiance en soi)
  4. Pourquoi ne penses tu pas pouvoir gagner à 15/1 ? Je ne me sens pas légitime (c’est sa réponse mot pour mot).
  5. Pourquoi tu ne te sens pas légitime ? Et là il me répond qu’il a commencé tard le tennis. Qu’il n’a pas la technique adéquate. Qu’il est âgé (il avait 54 ans).

Je lui ai répondu que j’étais 15/1, ancien 5/6. Que j’étais moniteur de tennis avec 12 ans de moins que lui. Et que pourtant il me battait 6/2 6/2. L’idée ensuite c’était de lui donner confiance en lui, en ses capacités. Et je lui ai simplement donner une pensée positive pour ses prochains matchs : Dis-toi la prochaine fois que c’est moi en face de toi et que c’est un de nos entraînements.

6 mois après il avait gagné 2 fois à 15/1 et obtenu son meilleur classement 15/2.

3. Développement de la conscience de soi :

  • Travaillez sur le développement de la conscience de soi en observant vos pensées et vos émotions sans les juger. Cela vous permettra de mieux comprendre vos schémas mentaux et émotionnels.

4. Techniques de relaxation :

  • Apprenez et pratiquez des techniques de relaxation telles que la respiration profonde, la visualisation positive et la méditation. Ces techniques peuvent vous aider à calmer votre esprit et à réduire le stress.

5. Réévaluation des pensées négatives :

  • Pratiquez la réévaluation des pensées négatives en remplaçant les pensées limitantes par des pensées plus constructives et encourageantes. Par exemple, remplacez « je vais rater ce coup » par « je suis prêt à relever ce défi ».

Astuce
Au moment de servir une seconde balle, ne dîtes pas « je dois éviter la double faute » mais plutôt, Je vais viser son revers, et bien exprier au moment de l’impact. Le fait de viser une zone mobilise votre cerveau sur une pensée positive, le fait d’exagérer votre souffle vous donne le moyen d’être relâché.

6. Établissement d’objectifs réalisables :

  • Fixez vous des objectifs réalisables et axés sur le processus plutôt que sur le résultat. Concentrez vous sur des aspects du jeu que vous pouvez contrôler, tels que votre attitude, votre effort et votre concentration.

7. Renforcement de la confiance en soi :

  • Travaillez sur le renforcement de votre confiance en vous en vous rappelant vos succès passés et vos points forts. Utilisez des affirmations positives et visualisez vous en train de réussir sur le court.

8. Pratique de la gestion du stress en situation de match :

  • Entraînez vous à gérer le stress en situation de match en recréant des conditions de jeu réalistes lors de vos séances d’entraînement. Faites des jeux sous pression et développez des stratégies pour rester calme et concentré à l’aide d’exercices adaptés.

Rappel
Pour reprendre l’exemple des doubles fautes, faîtes des séries de tie-break avec une seule balle de service. Cette contrainte vous obligera à recréer une situation de stress courante en match et vous aidera à développer les ressources nécessaires pour gérer cette pression.

9. Utilisation des routines pré-match :

  • Mettez en place des routines pré-match qui vous aident à vous sentir confiant et préparé. Cela peut inclure des exercices d’échauffement spécifiques, des rituels de préparation mentale et des routines physiques.

10. Évaluation et ajustement continus :

  • Faites régulièrement le point sur votre progression et ajustez votre approche en fonction des résultats obtenus. Soyez patient et persévérant dans votre démarche pour surmonter les blocages mentaux et jouer au meilleur de vos capacités.

Conseils pratiques pour votre prochain match

  • Choisissez une tactique simple et claire : en observant votre adversaire vous pouvez repérer facilement certains points faibles. Le fait de vous focaliser sur un schéma tactique précis va être précieux pour enlever une part de votre stress.

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  • Réduisez votre échelle d’objectif à celle d’un point : les mécanismes courants qui induisent des blocages mentaux et la perte de certains matchs sont lorsque vous avez peur de gagner (vous vous projetez après avoir gagné le premier set par exemple) ou peur de perdre (après l’avoir perdu). Ayez juste comme objectif de jouer au mieux chaque point de façon isolée.
  • Revenez à l’essentiel en jouant : transformez toutes contraintes en challenges à relever. Vous gagnez le point c’est OK. Vous perdez le point, c’est OK aussi (c’est le jeu !)

Témoignages de joueurs professionnels

Les joueurs professionnels sont eux aussi confrontés aux blocages mentaux.

  • Novak Djokovic : À Roland Garros (en juin 2018), en quart de finale, Novak Djokovic avait perdu contre Marco Cecchinato. Suite à cette défaite il avait chuté à la 22 ème place mondiale. La suite ? Il avait rafflé 4 titres dont Wimbledon et l’US Open.

Son coach de longue date Marian Vajda avec qui il avait recommencé à travailler en avril s’était exprimé sur le come-back de Nole. Selon lui, son poulain avait eu un déclic:

« Je le connais depuis pas mal d’années, mais je ne m’attendais pas à le revoir de retour au plus haut niveau si vite. J’avais le sentiment de commencer à travailler avec un tout nouveau Novak Djokovic, parce qu’il avait des doutes depuis sa blessure au coude. Mais après sa victoire contre Rafa à Wimbledon, il a eu le déclic. Il n’avait plus peur de perdre« .

  • Roger Federer : Le 10/03/2021 Federer reprend la compétition après une interruption de plus d’1 an. Depuis sa demi-finale perdue contre Djokovic à l’open d’Australie en 2020. Il joue contre Daniel Evans. Le match est accroché. À en croire le résultat. (7/6 3/6 7/5).

Mais l’essentiel est ailleurs. Federer gagne son match de reprise. Durant son interview d’après match, il livre une pépite. Pour tous les joueurs qui font des fautes. Peut-être est-ce votre cas.

Roger FEDERER a fait 45 fautes non provoquées durant ce match. Contre seulement 18 pour Evans. 2,5 fois plus de fautes. Seulement nous devons comparer ce chiffre à la stat correspondante des points gagnants. 1,9 fois plus de points gagnants du côté de Federer. Revenons en à cette fameuse pépite lors de l’interview post-match. Le journaliste lui demande comment il évalue son jeu. Et sous-entendu, n’a-t-il pas fait trop de fautes. Réponse de FEDERER:

« C’est OK de faire des fautes si tu as la bonne intention de jeu (sous entendu en essayant d’attaquer) » Et il rajoute : « Je sais qu’il faut que j’accepte de faire ces quelques fautes pour ensuite mettre en place mon jeu d’attaque ».

Ici il y a une info capitale pour vous. Vous avez le droit de faire des fautes. Même (et surtout) en matchs de compétitions.

  • Marion Bartoli : Le 6 juillet 2013 la française se retrouve pour la deuxième fois en finale de Wimbledon. En finale elle mène 6/1 5/1 15/40. Mais là la peur de gagner la rattrape. Pourquoi ? Car elle se projette. Tout d’abord elle se visualise gagner :

« J’ai plusieurs fois écouté les commentaires de Guy Forget et Frédéric Viard sur Canal. Sur le moment, ils disent : « Ça y est, le match est fini… » Le problème est que moi, sur le terrain, je le pense aussi et je me suis complètement figée« .

Ensuite elle a peur de perdre. Je commence à me dire : « Si elle fait ci, que je fais ça, qu’elle revient à 5-5, qu’est-ce que je vais faire ? »

Comment réussit elle alors ?

À 5/4, à la pause sur sa chaise, au second set, elle se remémore une phrase de son père : « Un jour tu auras le jeu de service le plus important de ta vie. Ce jour-là souviens toi tous ces entraînements. »

Elle se lève, enchaîne les services gagnants et gagne le jeu blanc. Elle racontera par la suite la chose suivante.

C’est à moi de servir. J’essaie de me reconcentrer sur les choses que je maîtrise : « Je peux contrôler la zone que je vais toucher, les premiers coups, jouer long, mon jeu de jambes, l’intensité… » Mon plan de jeu, quoi.

Conseils en vidéo

Surmonter les blocages mentaux au tennis exigera du travail, mais ne baissez jamais les bras.

Certains vous diront que vaincre les blocages mentaux est impossible. Mais ne les écoutez pas. Nous sommes dans un monde où les pessimistes et les critiques abondent.

Tout comme j’ai dû apprendre de mes erreurs avant de vraiment progresser, vous connaîtrez des revers.

Mais ce n’est pas grave. Apprenez. Faites-vous conseiller.

Notre ère est celle de l’adaptabilité, du savoir et de l’entrepreneuriat. Les gens se forment en ligne, et les succès dans ce domaine sont nombreux.

Voulez-vous en faire partie ?

Alors, battez-vous.

Quand on vous dira que c’est insensé de penser qu’un simple joueur de tennis puisse surmonter ses blocages mentaux, prouvez-leur le contraire. C’est eux qui resteront prisonniers de leurs doutes.

Quand vous réaliserez que votre stratégie de jeu est mauvaise, adaptez là et essayez d’être meilleur.

Quand vos performances ne seront pas à la hauteur, investissez davantage de temps pour atteindre l’excellence et surprendre vos adversaires.

Quand vous recevrez des critiques, rappelez vous des encouragements de votre entourage.

Quand vous serez déçu de votre progression, concentrez-vous sur les moyens d’améliorer votre jeu, au lieu de vous laisser décourager.

Mais ne renoncez jamais.

Rappelez vous que votre réussite sur le court dépend de trois choses : la bonne approche mentale, la confiance en soi et la gestion des émotions.

Et si c’est vraiment difficile, si vous vous battez et que vous ne progressez pas ?

Rappelez-vous du courage de ceux qui ont surmonté l’adversité. Si nous avons réussi à vaincre les obstacles et à devenir des joueurs plus forts malgré les difficultés, vous pouvez le faire aussi.

Alors, foncez. Le premier pas est le plus difficile.

Êtes-vous prêt ?

Assurez-vous que votre esprit est prêt à relever le défi. Ensuite, affrontez vos adversaires avec détermination et persévérance.

Et ne cessez jamais d’avancer.

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